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1 mars 2011

Enter the Video



Accouchant selon l'usage (en 9 jours) d'une logorrhée indescriptible, il a fallu que j'entre au plus profond de ma tête afin de faire un tri cartésien dans mes petites neurones toutes émoustillées encore, du voyage hallucinogène que viens de m'offrir l'auteur de Seul contre tous.
Deux heures et demie d'envolée fluorescente façon Doomlike dans les entrailles de la cité Tokyoïte, un grand huit sous acide, quelque part entre le repas du soir et le doux réconfort de mon Epéda 180 (celui qui épouse les formes NDLR)

Oscar et sa sœur sont des hakujins, deux étrangers livrés à Tokyo, purs paumés abandonnés au bruit du yamanote et aux nuits aveuglantes.
L'un deale pour payer son loyer quand l'une s'exhibe, peau nue au néon sous les regards lubriques pour quelques billets et un brin d'existence. Pourquoi s'acharner à trouver un emploi quand quelque grammes vous ouvrent les porte de la désinvolture? Pourquoi s'intégrer quand il suffit d'être belle et docile? 
Oscar et Linda sont liés par le sang au serment de ne jamais se quitter, liés par la souffrance à une terrible injustice, et ce fardeau pèse sur leurs épaules au point de ne plus pouvoir relever la tête.
Toujours plus profond, toujours plus sombre, c'est une balle en plein coeur qui stoppera net la descente aux enfers des deux hères.

Alors Oscar pourra s'élever, planer dans un trip ultime, celui là même qui s'entrouvre à chaque prise de DMT, mais cette fois, c'est pour de bon, cette fois, la mort lui ouvre les bras et ce mauvais goût dans la bouche est celui du sang. Oscar n'est plus, mais il reste le vide et ces lumières autours, il reste une ville en dessous, des amis, une sœur et peut être, je dis bien peut être, un espoir.

Initiée avec Irréversible, la caméra de Gaspard Noé se distingue. On se souvient des mouvements presque nauséeux, des ellipses à 180°, et du montage inversé de son second long. Au delà des polémiques et du politiquement correct, Noé nous avait compréssé l'occiput et retourné l'estomac comme jamais. Quitter la salle alors, devenait urgent et rédempteur, mais qu'il ait plu ou non, Irréversible ne s'oubliait pas.

Même schéma pour Enter the Void, difficile de rester connecté 2h30 durant au délire acidulé de l'ami Noé. Puisant la source de son scénario dans les pages du Bardo Thödol, le mythique livre des morts Tibétain, Le réalisateur imagine l'histoire de cet homme qui, mort, se désincarne et survole littéralement le monde des vivants. Cet état lui permettra de suivre les lumières, le plongeant dans le méat virtuel de souvenirs redondants, dévoilant peu à peu l'histoire redoutable imaginée par Gaspard Noé.
Alternant le passé, le présent et le possible jusqu'au cauchemard, Brisant uns à uns les sacro-saints codes du cinéma, Le réalisateur semble une fois de plus parti dans le sens inverse du cinéma de papa, récoltant au passage les foudres des critiques exsangues, qui, babines relevées s'en vont se repaître du festin servi par le réalisateur, pour mieux le châtier. Noé est fou, Noé est dangereux soit disant...Qui sait? En vérité, le Gaspard détonne et dérange, un Bukowski sous amphets en somme...Ouais mec!

Je ne pouvais conclure ce post sans parler de LA révélation du film...Paaaaz de la Huertaaaaaaa, belle à se damner, ingénue au possible et définitivement à suivre.

Bon trip aux audacieux!

Le Duc

9 févr. 2011

L'Anvers du décor



Ca ressemble à une peinture de Borremans, la rugosité d'une toile, nappée aux couleurs blafardes et dominée de noirceur, un trait de lumiere pour seul réconfort. Ca ressemble à l'age d'or de Polanski (période Répulsion, le Locataire ou  Rosemary's baby) mais ça louche du côté des Nacho cerda, David Lynch et autres Lars von Trier....et si ça, ce n'est pas un gage de qualité, j'arrête mon blog et je file me mater l'hexalogie des police academy, alors gaffe!...


Primé au NIFFF et au festival Fant-Asia, le film de Pieter van Hees, à l'instar de Tomas Alfredson et de son Morse, crée le buzz de ce début d'année 2011...Belge de corps et de coeur, le réalisateur choisi Anvers et sa "left bank" (rive gauche) pour son décor quasi-organique et sa forêt géométrique,
car tout est affaire d'atmosphere. LA bonne idée, est de faire de l' environnement un témoin muet, au diapason avec l'humeur de l'heroine (excellente Eline Kuppens). Si Marie est maussade, le ciel est gris, le bitume froid et la vegetation inexistante, si marie a le coeur qui bat, le soleil apparait et les rues s'éclaicissent...
Premier volet d’une trilogie sur l’amour et la souffrance (suivront Dirty Mind et The Waste Land), Left Bank impose son contexte fantastico-realisto-social et en devient impermeable, difficile en effet de deviner ou Van Hees veut nous mener.

Rive droite, Marie est une sportive de haut niveau, abandonnée au sacerdoce de la course à pied, filant droit devant en trainant derriere elle le fantome de ce qu'aurait pu être une vie sans privation, sans objectifs, sans fil rouge. Mais Bobby, grand maitre de la guilde des Archers va lui donner l'avant-goût d'une vie plus liberée. Et le rideau de l'astreinte s'entrouvre, l'opportunité d'une maladie sert d'appui à l'évasion stricto-sensu de Marie qui ne cours desormais que vers les bras puissants et rassurants de son nouvel amour. Elle transbahute alors son temps libre au milieu du salon de l'appartement de Bobby, là bas sur la rive gauche...

c'est alors que Marie apprend que l'ancienne locataire de l'appartement a inexplicablement disparue le mois dernier, que dans les caves de l'immeuble subsiste un puit millénaire et que ce côté du pont est au coeur d'une legende celte bien mysterieuse...oui, tout bascule.

La premiere heure s'installe tranquillement et prends le temps avec ses personnages, la camera devient anecdotique et on se retrouve bien souvent dans la position de celui qui espionne honteusement la fenetre de sa si jolie voisine. Car si les sentiments sont retenus, les corps eux sont pernicieux, sans grace et bruts de decoffrage ou le full frontal est de mise mais ne semble jamais gratuit, particulièrement à la fin.

La fin justement. Sans spoiler (jamais), il faut prevenir le spectateur que rien dans ce film ne laisse imaginer une telle séquence, que l'onirisme qui s'en dégage est totalement inédit et le laissera interloqué, le cul dans le fauteuil, la tête dans les lymbes...Deux lectures poindront alors, celle du cartésien qui n'en saisira que le sens et non l'essence, et celle du poête qui,lui, restera étourdit voire interdit devant une scène littéralement Dantesque!


euh...comment on dit merci en belge?

7 févr. 2011

GOOOOOD MOOORNIN' PONTYPOOOOOOOL!



S'il est un genre redondant dans le cinema actuellement, c'est bien le Zombie-Flick.
Znyder ayant ré-ouvert la voie aux trépanés de l'Armée des Morts, reboot énervé du fameux Dawn of the Dead, voici un Romero's like qui n'en est pas un...
Je pose la question, qu'y a t'il de pire que les scenes outrageusement gore, baignée d'hectolitres de sang, concassées aux metacarpes et autres dejections malodorantes?...l'I-MA-GI-NA-TION!
C'est ce que  Bruce McDonald a trés vite compris, histoire de faire la nique aux Saw et autres Hostels, son film sera visceral ou ne sera pas!


Grant Mazzy ( Stephen McHattie le "old nite owl" de Watchmen) est un vieux routard des ondes, deversant sa bile et ses sarcasmes à coups de diatribes homériques, sans sentiments, sans équivoques mais avec talent.
Mazzy, son Whisky et sa voix against the world! Mais le monde va mal, et depuis un certain temps, dans cette bonne vieille ville canadienne de Pontypool, les habitants semblent "intoxiqués" en proie à un virus? une épidémie? un discours politique?
Notre Bourdin à la feuille d'érable, Parole incarnée de milliers d'erres, se retrouve temoin auditif d'une violence soudaine et inexpliquée. Coincé au sous-sol de la station de radio, le grand Grant devient otage d'une emission qui semble partie pour ne jamais terminer...Armé de ses mots, Mazzy évite la peur, contourne la tragédie et tente de rassurer la planète, il lui suffit de parler et tout le monde écoute...


Et si la victime était le bourreau, et si en voulant rassurer, informer, l'animateur devenait la cause de tous les maux, et si Grant Mazzy était , à défaut du prédicateur, le cataliseur...

Grande idée que ce film, Riche scénario en huis clos ou tout peut arriver à partir du moment ou rien n'est montré, simplement suggéré pour au final être asséné, brutalement sur un coin de tête d'un spectateur mené par le bout du nez ...et des oreilles.

Interdit de passer à côté! et en VO, surtout!

20 août 2010

CHILI CON TARTDANTAGUEUL !!!



Heureux le quidam qui aurait pu prétendre lire un jour dans ce blog une critique d'un film chilien!
Heureux? ben oui car sa réflexion se porterai forcémment sur un réalisateur "bord cadre" comme Ernesto Díaz Espinoza.
Ah, ce lecteur aurait alors été bien inspiré et ferait montre d'une connaissance étonnante des goûts de l'auteur de ces lignes qui me conduisent à penser qu'en fait...je me monte un peu le chef...

Car mis à part le fameux Lolo, Louis XIV,le glad Diice et mon amoureuse vous n'êtes que quelques uns à m'honorer de ces lignes.

Mais Alloons amis! A l'heure des retrouvailles de Robin de Locksley et de ses compagnons sur les bobines numériques de nos doux cinés français, je pointe le carreau de mon arbalète sur un nouveau type de héros, j'ai nommé MIRAGE MAN!!


Mettons simplement les choses au point sur ce film d'entrée de jeu.
Je ne pretend pas connaître les intentions du réalisateur, Kiltro son précédent film, vite oublié, j'ai été bien incapable de trouver la moindre interview d'Espinoza, ce qui ne facilite pas les choses.
A tel point que je me demande si le miracle n'existe pas uniquement dans les méandres abyssales de l'esprit torturo-compliquo-destructurato-machin chose du cerveau de votre serviteur.

OOOubliez Batman! Squizez Superman! Liguez vous en masse contre ces super-heros en collant qui envahissent nos écrans de leurs adaptations insipides, ils ne nous auront pas avec leurs Wolverine grimaçant qui n'a de sauvage que le nez et les sourcils, avec leur Peter Parker à deux balles et leurs 4 fantastiques qui n'ont de fantastique que l'extraordinnaire erreur de casting...Bah, des heros de papier face au vigilante made in chili j'ai nommé MIRAGE MAN!! (Notez la répétition qui force à la mémorisation du tire)

Il était une fois un pauvre type, au QI proche du charcutier de mon beau frêre qui s'en va tête cagoulée en avant défoncer des méchant avec pour seul moteur, celui de sa 125 enduro et ses illusions.

Un pitch expeditif pour un scénario qui ne mérite pas moins, l'idée est ailleurs, dans le traitement, dans l'arrière plan, dans son héros doux dur dingue à mille lieux de l'oscar du meilleur acteur et pourtant...


Sous les navets, la rage...
La rage sourde de Marko Zaror. Tout en profil bas, cet athlète impressionnant découvert dans Kiltro du même Espinoza à tout du Tony(n)Jaa blanc. Le poing précis, le pied direct-to-face et la hanche en caoutchouc, mais surtout cet air de pas y toucher. Son rôle d'anti-heros éffacé tout en retenue tient du miracle sus-cité ou du mauvais acteur.
Le Mirage man se construit tout au long du film et né de la simple folie de son alter ego, motivé par un super pouvoir hors du commun et pourtant à la portée de tous, le courage! Car c'est bien là son seul attribut réel, sa spectaculaire maîtrise des arts martiaux n'est qu'accessoire, c'est un homme avant tout et il doute. Pauvre erre azimuté arpentant les rues en mode combat à la recherche d'une âme à secourir, raide comme un Kazuya Mishima patentéridicule aux yeux des passants médusés, amusés et impliqués.

Espinoza (Notez la répétition bla bla bla) ne nous prend pas pour les chevres du pentagone et nous livre une oeuvre d'une lucidité déconcertante, à l'image de son heros, il se livre petit à petit au travers des plans, ose, s'interroge puis fonce, clairement, à l'instar de son personnage...sa livraison tient du miracle...man!

9 juin 2009

let the sun shine in



Morse, un « petit baiser » porté à bout de lèvres, dense de non-dits, savoureux dans la forme mais âpre dans son déploiement…ce film Suedois a su créer le buzz qu’il mérite au détours des fonds de salles des festivals de genre. Raflant tout sur son passage, salué par les critiques avertis et rodés au profil casse gueule du vampire. Let the right one in, le titre original éponyme au roman de John Ajvide Lindqvist est un film sur papier glacé, un éclat dans les ténèbres…
Oskar est un enfant soumis, martyrisé à l’école, la rage sourde aux bords des lèvres. Nous sommes en 1982 dans la banlieue de Stockholm et le froid envahi le pays et le cœur du petit Oskar, l’opinel à la main, provoquant les arbres et le silence, il fait une rencontre qui changera à jamais son destin. Eli a 12 ans depuis longtemps, la bête est prisonnière d’un corps androgyne, soumise à ses pulsions meurtrières, avide du sang chaud de ses proies, Eli n’a d’immature que le corps et se pose pourtant elle aussi en victime. Aidée maladroitement par un « père » chargé de cueillir pour elle la sève rouge aux gorges de pauvres erres afin de nourrir son petit estomac noué. Mais l’homme est vieux et peine à nourrir l’enfant, peut être que le moment est venu pour Eli de trouver un nouveau protecteur, peut être est il temps pour la bête, d’aimer…

On entend l’écho des prédateurs , le film de Tony Scott qui maniait déjà avec volupté le thème du vampire immortel face à son amant éphémère (Bowie et Deneuve saisissants), Entretien avec un Vampire de Neil Jordan abordait la frustration de la femme prisonnière de son corps d’enfant (Kirsten Dunst troublante), mais Morse sublime et provoque à la fois, a 12 ans, un enfant n’a que la conscience de la sexualité, il ne la vit pas. C’est un amour platonique qui peu à peu s’insinue entre Oskar et Eli, bousculant leur vie, refoulant leurs instincts, projetant les amants dans la violence sourde d’un avenir à jamais différent. Ici, il n’est rien de plus effrayant que l’infini des plaines immaculées de Suède, rien de plus dérangeant que l’amour naissant de deux enfants, rien de plus sinistre que l’innocence…
Tomas Alfredson est un réalisateur de télévision, qui ne connait rien aux films de vampires et c’est peut être la raison qui fait que ce film est hors normes. Pourtant rien n’est laissé au hasard et les codes initiés par Bram Stocker dans le livre original de Dracula sont conservés ; le vampire ne supporte pas la lumière du jour et ne peut pénétrer dans une maison sans y avoir été invité, d’ailleurs ce dernier point rejoint le titre let the right one in et nous vaut une scène d’anthologie dans le film.

Il faut cependant garder à l’esprit que nous sommes très loin des mièvres minauderies de Twilight et de ses vampires "végétariens", ici le ton est glacé et glaçant, l’ambivalence prévaut et la violence est abrupte, sèche et sans concessions, le baiser est ensanglanté, la caresse est rugueuse. Comment expliquer alors la beauté des images, le ton mélancolique appuyés d’SFX imperceptibles à l’image des yeux d’Eli dans l’obscurité, quelque plans disséminés ça et là, quelques secondes sans complaisances et discrètes qui n’oublient pas de rappeler au spectateur que nous sommes en territoire fantastique. A ce titre, la fin a plusieurs niveaux de lecture, laissée en pourpoint à notre sensibilité, d’une violence rare, elle n’en est que plus magnifique.
Pour la petite histoire, il a quasiment fallu deux ans au réalisateur pour trouver les interprètes d’Oskar et Eli, il m’en faudra, je pense, beaucoup plus pour oublier ce voyage à leurs côtés…

9 mars 2009

IP IP IP...



 Ce post s'adresse particulièrement à Lolo alias Paulo-c-est-quand-tu-veux-a-tekken et principalement aux amateurs de biografilms.

Seuls les afficionados des films de kung fu ou les pratiquants ont un idée (trés vague) de ce qu'est le Wing-Chun.
Parmi eux se trouve une poignée d'homme et de femmes capables de dire qui est Yip man ( 葉問 Ye Wen).
Pour les autres, une explication s'impose. 
Yip man (non ce n'est pas un super heros quoique...) est né en 1893 en Chine, c'est donc un maître(shifu) du Wing Chun et l'un des maître de la superstar Bruce Lee (李小龍 Li Xiao Long, =Lee petit dragon). 
La particularité du bonhomme est d'avoir sublimé cet art au point d'en être devenu le plus emblematique pratiquant, souvent provoqué, mais jamais vaincu si on en croit la legende. le Wing chun est un art particulièrement complexe, un style de Wushu non taoïste dédié au combat rapproché à main nue et s'inscrit dans une légende trés éloignée de la connaissance occidentale du kung fu. Cet art martial demande des années et des années de pratique avant de n'en avoir qu'une "petite idée"(小念頭) dés lors, on peut passer à l'étape supérieure que l'on nomme "petite pratique" (小練頭),  les deux mots sont si proche que la confusion est facile. Si facile en fait que l'enseignement qui débuta il y a 3 siècles en reste aujourd'hui à cette "petite pratique" en occultant totalement le pinyin "la petite idée". on peut donc facilement imaginer que la véritable pratique a été abandonné au profit du Qi gong qui est l'enseignement Wushu des fameux moines Shaolin et celui à ce jour confondu à tort avec le Wing Chun, vous suivez? non? et pourtant ça se complique...

Essayer d'expliquer en quelque mots cet art martial est en fait impossible, mais il parait important pour ceux qui veulent découvrir ce film sublime d'en avoir sa "petite idée" justement.
Il existe plusieur formes (Taolus) de Wing Chun dont le Xiao nian tou, le Xiun Qiao, le Biao Zhi et le Pan namYip man s'est concentré sur la forme la plus pure et la plus ancestrale basée sur une technique dite de mains dont les réactions sont multiples, conçues pour le combat rapproché jusqu'au corps à corps sans pour autant le contact des troncs entre eux, Il s'agit du  Chi sao(黐手). Les bras restent souples au possible en liaison avec une pression constante vers l'adversaire, quoi qu'il tente, ce qui permet de dévier et contrôler facilement les coups afin de protéger son centre (le méridien 會陰 Ren Mai), et de placer ses propres frappes à la moindre ouverture de garde de l'adversaire sur tous ses méridiens. Cette pratique interne consiste à donner une forte secousse (Fa Jing) d'une amplitude réduite après avoir touché la cible à faible vitesse. C'est tout le corps qui produit cette onde de choc (le bras est le clou, le corps est le marteau), utilisant à la fois le poids du corps, la détente globale du corps utilisé comme un fouet et l'addition des forces de toutes les articulations. Ces qualités sont travaillées dans toutes les formes, progressivement, jusqu'à en venir à réaliser le fondement du Wing Chun et de sa circulation dans les méridiens. Interne veut dire se maitriser soi-même et non pas maitriser son adversaire en premier.

Vous avez compris?
 En fait moi non plus, il faut être honête.  Mais c'est en lisant ces quelque lignes issues d'une édition de l'EWTO (European WingTsun Organization) que l'ont saisi l'essence de l'incarnation extraordinnaire de Donnie Yen dans le personnage de Yip man.
le film est certe romancé mais retranscrit fidèlement la pratique de cet art ancestral pour les pauvres impies occidentaux que nous sommes. car IP Man n'est pas un film de Bruce Lee et ne met pas en avant la force brute, ni les envols mangaïens à la matrix qui font le succés des films de kung fu traditionnels. Tout est une question d'esprit et de maîtrise de soi.
Ip Man est un film qui vient de connaitre une destinée phénoménale au pays du petit dragon car il représente à lui seul l'idée oubliée voire entérrée de ce que represantait les arts martiaux au 17ème siècle en chine.

le film raconte l'histoire d'un homme tout entier dévoué à son art qui va se retrouver acteur de tout un pan de l'histoire chinoise dont la montée de l'imperialisme japonnais (comparable s'il en est à l'occupation allemande de notre cher pays) et va encrer notre personnage à la dure réalité. Car si nôtre homme tout accaparé à sa philosophie volait dans les cîmes de l'honneur et de la respectabilité, sa "chute" s'en trouve dénuée de tout panache et force nôtre cher Yip man à retrouver ses plus bas instincts. 
La réalisation de Wilson Yip est extraordinnaire de fluidité et de révérence envers son personnage. Pas de caméra virevoltante, pas de cascades exagérées à la Jackie Chan et surtout, pas de triomphalisme. 
A l'image de son personnage, le film sait rester humble et communicatif tout en placant ça et là de veritables scènes d'anthologie comme ce combat avéré de Yip man contre 10 soldats japonais, bien loin des ballets choregraphiés à la mode orientale.

En clair, ce film est une ôde aux arts martiaux, qui à l'instar de Kuro Ogi de Shunichi Nagasaki, son pendant japonais, semble un objet utopique tant cet art est multiple et commande la subtilité.
Reste une interpretation fabuleuse de Donnie Yen (hero, SPL, Seven swords) qui s'approprie fondamentalement le rôle en faisant vivre sous nos yeux une véritable légende. 

6 mars 2009

Et Rogue la galère....



Quel exercice difficile que celui de proposer la vision d'un film de monstre.
Exercice perilleux que je met en application envers et contre toute attente.

On se souvient de ces films que seuls les horrorphiles adorent en secret, mais on ne se souvient que des meilleurs.
The dinosaur and the missing link en fut l'excellent precurseur dés 1915, suivi de The Lost world en 1925 adapté du célèbre roman de A.conan doyle (le papa de Sherlock holmes) film qui fut à l'initiative du redoutable King kong en 1933.
Depuis, le cinema n'a de cesse à representer le film de monstres au pretexte de nos terreurs animalières, que ce soit les requins ( 47 films dont le plus réussi fut sans aucun doute Les dents de la mer en 1975 qui valut la reconnaissance universelle à Spielby) les serpents (43 films, et l'un des derniers en date Snakes on the plane 2006, con mais jouissif)  les dinosaures (le plus representé avec pas moins de 66 films dont on retiendra les Jurassic park bien sûr, mais aussi de moins connus et bien meilleurs tels que When Dinosaurs Ruled the Earth de val guest en 1970).
Il y a aussi les films de monstres improbables comme les cochons (Pigs, 72), Les elephants (Killer Elephants, 76), les pieuvres (Tentacoli, 77), les crabes (ben oui) (Attacks of the crab killers, 57), les moutons (Black Sheep, 06), les grenouilles (Frogs, 72), les buffles (The white buffalo, 77), les lamas (The barn of the blood llama, 97) et j'en passe tellement qu'il me faudrait 5 ou 6 posts supplementaires pour en faire l'analyse complete).
Reste que le plus terriffiant de tous est le crocodile (31 films connus à ce jour et que des navets,si si!). 

Rogue (Solitaire) est un film australien de Gregg McClean à qui on doit l'excellent survival Wolf Creek. McClean a pris un pari casse gueule en adaptant la vision saurienne des monsters movies, car ce genre est de loin le plus décrié il faut bien l'avouer.
Mais c'était sans compter sur les talents de narrateur de notre réalisateur bushman qui, comme personne, sait mettre en valeur la beauté et la dangerosité de ce pays immense qu'est l'Australie. Là bas, les crocodiles sont monnaie courante et les journaux étalent à la une nombre d'accidents liés à ce placide reptile qui peut atteindre 7 à 8 mètres de long et autant de rangée de dents carnassières. Ce n'est donc pas à proprement parler d'un crocodile géant que l'histoire de Gregg McClean nous raconte. Mais plutôt d'un bataillon de touristes, partis jouer les aventuriers sur les terres australes, pris en otages bien malgré eux sur le territoire du dieu croco. Car à l'instar de Spielberg, le réalisateur s'échine à mettre en avant l'humain sédentaire face à l'hostilité d'une nature qu'il ne maitrise pas. La peur, l'angoisse rend les hommes maleables, en proies à des agissements transgressifs, à des comportements kohlantiens c'est à dire stupides.
Evitant superbement tous les poncifs relatifs au genre, Le film débute comme un voyage, un documentaire géographique de toute beauté.  McClean prend le temps de décrire ses personnages jusquà nous faire totalement oublier le genre de film que nous sommes supposés regarder, c'est qu'on crierai presque au remboursement jusqu'au moment ou un fusée de detresse vient doucement nous rappeler à l'ordre, oui, il se pourrait bien que ce paysage paradisiaque cache une menace sous ses eaux usées de touristes.
A ce moment précis, la nature, tout en restant relativement inchangée, comme l'eau, devient trouble, les arbres menaçants, le ciel s'assombrit et la terre devient un refuge précaire en proie aux marées. Car à cet endroit, l'homme ne domine plus rien, le crocodile est le chasseur et son terrain est vaste. 

McClean, en plus de nous offrir une trés bonne interpretation des acteurs en general, Michael vartan (Cursus fatal, Alias) en tête, se paie le luxe de signer le meilleur film du genre à ce jour, 
pari réussi monsieur!

17 févr. 2009

La passion de Mickey



"Tu es un grand acteur qui a bousillé sa carrière et que plus personne ne veut engager. Tu feras tout ce que je te dis, tu ne me manqueras pas de respect et tu ne sortiras pas la nuit" c'est ce que Darren Aronofsky a balancé à Mickey Rourke avant de l'engager sur le tournage de The wrestler.

  C'est qu'il en a des "corones" le Darren pour oser parler comme ça à celui que le tout hollywood craint depuis prés de 20 ans. Car, à part les trentenaires, qui a vu Mickey dans un bon film? Qui a vu Mickey en fait?! Cantonné aux mauvais rôles, jetant son nouveau corps bodybuilder en pâture  aux critiques avides des ses frasques hors tournage, de ses errances nocturnes aux côtés de madame bouteille et de madame seringue. Mickey Rourke est un ange déchu, un putain de bon acteur pourtant comme ne tardera pas à le prouver The Wrestler aux yeux du monde.
Mickey fut brillant dans l’année du dragon, esthète face à Kim Basinger dans 9 semaines et demi, tout bonnement  extraordinaire dans Angel Heart,   méconnaissable dans Barfly. Rourke  était promis aux cimes du cinéma américain, Rourke était tout simplement  le meilleur acteur de sa génération.  Mais il y eu le rôle de trop, et ce fût Homeboy.  Ce film qui raconte la déchéance d’un boxeur prêt à mourir sur le ring est finalement très proche de The wrestler,  qui narre  la désillusion et la vie brûlée de Randy Ram ex-catcheur  adulé qui livre son plus gros combat en dehors du ring. Le même fond, le même leitmotiv, mais pas la même chute pour nôtre Mickey. L’un mît l’artiste à genoux, quand l’autre le relève au moment où on le croyait mort.


The Wrestler est une revanche, ce film est un combat mené de front par un Darren Aronofsky aux antipodes de ses précédents métrages.  Ses  film experimentaux, traitant de mathematiques (PI), d’obsessions (Requiem for a dream) et d’immortailté (The Fountain) avaient en commun un style propre à Aro. D’images saturées en dialogues élitistes, de montages frénétiques en décors dantesques, rien ne préparait le réalisateur à la grâce et la minutie de son dernier film. Car au-delà d’un Rourke incroyable de justesse (on a peine à imaginer que c’est un rôle) la camera de Darren pénètre  l’intimité d’un homme brisé, suivant ses moindres faits et gestes sans jamais l’entraver, à la limite du documentaire. Voir la scène bluffante de l’ « entrée » de Randy derrière le comptoir de son nouveau travail, en 2 minutes, Aronofsky nous résume tout le film, sans dialogues, sans musique, et en plan séquence…il y a du génie chez cet homme là.
Contre toute attente, alors que nous espérions le bonhomme sur le tournage du remake de Robocop (voir le post cinefaan « Arocop ») Darren Aronofsky nous livre son Citizen kane, le film de la reconnaissance,  primé d’un Lion d’Or lors de la dernière édition de la Mostra de venise et du golden globe 2009 pour Mr Rourke. Amplement méritépour un film qui  réussit à faire une série de German supplexes, applique le Crippler Crossface et force nôtre respect à coup de Triples H.  

The Wrestler nous casse le dos et tord nos à-prioris sans sommations, mais avec un talent indéniable, une force filmique si rare qu'il vaut la peine de se déléster de quelques euros, même en temps de crise, promis! 

5 févr. 2009

Bixby's Man From Earth



John Oldman s'apprête à quitter la ville et son poste de professeur. Ses collègues et amis depuis 10 ans, essaient de comprendre la raison de ce départ précipité, mais l'explication n'est pas du tout, mais alors pas du tout celle à laquelle ils s'attendaient...En guise de réponse, John leur pose une question: Serait-il possible qu'un humain soit âgé de 14 000 ans  et ai pu traverser les époques de l'ère Magdalénienne  au jour présent sans vieillir? Et intrinsèquement  serait-il possible que  Je sois un homme préhistorique  immortel?
 Voici  l'idée toute simple du scenario.  Simple?  tout sauf simple en vérité.
The Man from Earth est un film que vous ne verrez pas au cinéma, un direct-to-video qui n'est édité qu'aux Etats-Unis et donc, que vous ne pourrez pas acheter en France. Et pourtant, The man from Earth est sans aucun doute le meilleur film de SF de ces 10 dernières années.
J’entends déjà le glas guttural du lecteur incrédule qui éructe un "c'est pas possible!"  Tout simplement parce qu'il apparait de nos jours impossible qu'un film qui bénéficie d'un buzz énoooorme outre atlantique, puisse passer inaperçu et  déserte les rayons de nos magasins préféré.
 Et c'est justement là le point de départ de ce film profondément  philosophique. L'incrédulité. Ces situations que nos cerveaux se refusent à accepter, cette logique qui guide chacun d'entre nous, qui nous met les pieds par terre et nous donne cette impression de sécurité. Je connais le monde qui m'entoure, le surnaturel, comprenez: qui n'est pas encré dans la connaissance (toute relative) que j'ai des choses et des événements,  le surnaturel donc, n'a sa place que dans les bouquins, dans les films ou encore dans les jeux videos, dans les histoires. Des histoires que nos scientifiques ont tôt fait de fournir aux impies que nous sommes des explications que nous avons de toute façon du mal à comprendre.
 A l'incrédulité, s'oppose la science, à  la science, la religion, à la religion...l'incrédulité.
Sommes-nous prêts à croire? C'est justement la question que vont se poser les professeurs d'histoire, de géographie, de médecine  et de biologie et accessoirement amis de  John. Ce qui les amuse dans un premier temps s'étend au doute, et à l'interrogation, le récit de John est sans failles mais Ils commencent à douter de la santé mentale de leur collègue. Comment peut-il leur faire avaler cette couleuvre aussi grosse que le mont blanc? Et surtout pourquoi?
 Le jeu qui se déroule sous nos yeux est d'une intelligence terrifiante, les révélations font mouche à chaque fois,  ce huis-clos se déroule comme un film d'action et son apogée voit le mur de nos certitudes s'ébranler sérieusement. la révélation est tellement osée, tellement inattendue qu'elle bouscule notre petit cerveau bien après la vision du film.
 L'histoire vient de la tête bien pleine de Jerome Bixby, un auteur de science fiction ayant œuvré dans les sixties au déroulement des aventures de l'Enterprise et de son fameux équipage, ainsi que sur certains des meilleurs épisodes de Twilight zone (la quatrième dimension).
 Ce scenario qui prend source dans l'épisode Requiem pour Mathusalem dans la 3 ème saison de Star Trek, J. Bixby mettra 20 ans à le terminer, son fils, Emerson, raconte qu'il lui aurait dicté la fin de l'histoire sur son lit de mort, avant de rendre l'âme...A nouveau je sens venir le glas guttural des lecteurs incrédules....Vous en voulez encore?  Eh bien sachez que  Le réalisateur  Richard Scheinkman  a confirmé les propos de son producteur, et a souligné qu'ils acceptaient tous deux l'idée d'être piratés,car cette distribution illégale a permis de faire connaître ce film confidentiel à petit budget dans le monde entier, alors qu'il n'est sorti qu'aux États-Unis.
Il est en download  sur plusieurs sites, et des sous-titres en plusieurs langues ont été réalisés par les fans.
Ne vous faites pas prier!